Coupe du monde 2022 : le Qatar pointé du doigt

Coupe du monde Qatar

Quatre années après la réussite des Bleues lors du mondial 2018, la 22ème édition de la coupe du monde fait débat et de nombreux scandales éclatent invitant les supporters à boycotter la compétition. Sous le feu des critiques et des polémiques, le plus grand événement sportif de la planète divise. Violation des droits de l’homme, impact carbone et corruption. Rétrospective avec Plateforme de Paris.

 

L’organisation de la coupe du monde confiée au Qatar

C’est en 2010 que le Qatar est élu pour organiser la coupe du monde de 2022. Jusque là dans l’ombre, c’est une occasion unique pour Tamim ben Hamad (émir du Qatar) de mettre son pays sur le devant de la scène internationale. Alors que le pays fête à peine ses 40 ans d’existence, il a maintenant la charge d’organiser l’événement sportif le plus suivi de la planète avec pas moins de 3.5 milliards de téléspectateurs.

Coupe du monde 2022

Déjà à cette époque l’attribution de l’organisation au Qatar fait débat et de nombreux points sont soulevés :

  •  Le Qatar n’a en effet aucune structure suffisante pour accueillir en bonne et due forme cette coupe du monde et devra lancer un plan de construction massif en peu de temps. Il faudra notamment qu’ils construisent pas moins de 8 stades.
  • La question du climat est également posée, puisque le pays enregistre des températures tout au long de l’année de 25°C à plus de 40°C en été. 
  • Les lois en vigueur dans le pays freinent beaucoup de supporters à faire le déplacement. 

De nombreuses personnes soulignent l’absurdité de l’organiser dans ce pays et crient déjà à la corruption.

 

L’attribution de la coupe du monde portée sous le signe de la corruption

Un an après l’élection du pays d’accueil, en 2012, une première affaire éclate et des premières accusations sont émises contre le Qatar. Ils sont accusés d’avoir versé des pots de vins à plusieurs personnalités importantes pouvant influencer le résultat du vote. 

Deux français sont pointés du doigt, Nicolas Sarkozy alors président français et Michel Platini à l’époque président de l’UEFA. Ces deux personnalités auraient eux d’étroites relations avec certains hauts dignitaires qatarie pour favoriser l’élection du Qatar. On soulignera notamment une étrange réunion à l’Élysée une semaine avant la cérémonie de votes.

Coupe du monde Qatar

Image du journal La Tribune, (Crédits : Reuters)

C’est bien plus tard que les soupçons se confirmeront grâce à “Complément d’Enquête” qui mettra en lumière toute cette affaire. On y découvre notamment les contreparties négociées avec Nicolas Sarkozy et Michel Platini comme l’achat de Rafale à la France ou la possible vente du Paris Saint-Germain.

Le Qatar dément ces accusions et continu la construction et l’aménagement des différentes structures prévues pour l’événement. Mais tout se bouscule dès 2014 lorsque de nombreuses ONG dénoncent les conditions inhumaines des travailleurs immigrés sur les chantiers de construction.

 

Une coupe du monde des plus meurtrière

En acceptant d’organiser la coupe du monde 2022, le Qatar savait qu’il devait relever un vrai défi, partir de 0 sans aucune structure adaptée et être prêt 10 ans après pour recevoir le plus important événement sportif. Pour se faire, la plus petite monarchie du monde engage plus de 30 000 ouvriers immigrés. Les chantiers sont colossaux, 8 stades, de nombreux hôtels, une rame de métro, une ville, des aéroports etc., le tout dans la plus grande urgence. La famille royale dirigeant le pays met une grosse pression sur les épaules des ouvriers qui travaillent sans relâche, avec peu de repos dans des conditions inhumaines. 

Image du journal Le Parisien, Crédits : LP / OLIVIER CORSAN

En février 2021, l’enquête du journal The Guardian révèle pas moins de 6500 ouvriers morts sur les chantiers, un chiffre conséquent qui glace le monde du football. Conséquence du système désastreux de la gestion de ces ouvriers soumis au kafala, un système juridique, établi au début du 20ème siècle qui donne le plein pouvoir à l’employeur, octroyant tous les droits des ouvriers. Salaires de misères, interdiction de quitter le pays, violences, discriminations, hébergement et nourriture indécentes, beaucoup considère ce système comme de l’esclavage moderne.

De scandale en scandale le Qatar perd sa crédibilité mais n’est pas au bout de ses peines lorsque de nombreux organismes pointent maintenant du doigt le désastre écologique que cette 22ème édition de la coupe du monde risque d’engendrer. 

 

La coupe du monde du désastre écologique

Les Qataries l’avaient annoncée juste après leur nomination, cette coupe du monde sera la première compétition à atteindre la neutralité carbone. Autrement dit, toutes les émissions de gaz à effet de serre issues du tournois seront réduites au maximum. 

Mais la réalité est tout autre et les belles promesses du Qatar sont perçues comme du “greenwashing”. Plusieurs absurdités sont mis sur le devant de la scène décrédibilisant totalement la belle promesse du pays organisateur : 

  • Stade à usage unique; seul un des huit stades était déjà présent avant l’attribution du Qatar, les septs autres n’étant utilisés que pour l’événement et ne devraient pas resservir après la compétition.
  • L’avion comme principale moyen de transport; outre le fait que les différentes équipes et les supporters doivent prendre l’avion pour rejoindre le Qatar et assister à l’événement, beaucoup d’hôtels étant trop chers pour beaucoup de supporters, ils sont contraints de réserver un hébergement en dehors du pays les forçant à prendre l’avion pour assister aux différents matchs du tournois. Pour se rendre à Doha depuis les États du golfe arabo-persique, un avion décollera toutes les dix minutes. 168 vols « navettes » quotidiens sont prévus.
  • Des stades à ciel ouvert ultra-climatisés; autre absurdité de cette coupe du monde, tous les stades du mondial sont construits à ciel ouvert et seront entièrement climatisés engendrant une perte d’énergie considérable. En effet, la climatisation des stades fonctionne avec de l’électricité qui est en majorité produite par des systèmes polluants. 

Coupe du monde 2022

Image du journal L’Equipe,  (crédits : F. Faugère/L’Équipe)

Le cota de compensation carbone fixé à 1.8 millions de crédits par le Qatar censé compenser l’événement n’a même pas été respecté et seulement 130 000 crédits ont été émis de 3 projets. Pire encore la Fifa évalue à 3.6 millions de tonnes le dioxyde de carbone causé par l’événement soit 1.5 millions de tonnes de plus que la coupe du monde en Russie. 

Cette coupe du monde est bien mouvementée et rien ne s’est passé comme prévu pour le Qatar qui pensait redorer l’image de son pays. Entre fausses promesses, réalité à double mesure, personne n’est prêt à oublier cette 22ème édition de la coupe du monde. Faut-il la boycotter ? Est-ce que la FIFA et les différents gouvernements devraient bannir cette compétition ? On vous laisse vous forger votre opinion.

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