L'ETAT LAÏQUE ET LES CONNIVENCES RELIGIEUSES

Dans le cadre de l’ouverture de la saison de la SERIC (semaine de rencontre Islamo –Chrétien), nous organisons une conférence qui a pour objectif de discuter du rôle de l'état dans les connivences religieuses.


Le 14 novembre, le centre de réflexion et d’action sociale la Plateforme de Paris a organisé une conférence intitulée « l'Etat laïque et les connivences religieuses » et cela dans le cadre de la 12ème édition de la Semaine annuelle de Rencontres Islamo-Chrétiennes (SERIC). L’événement a pour objectif de discuter du rôle de l'Etat dans les relations entre les différentes religions dans une société pluri-religieuse elle-même d’une part et de découvrir de réflexions sur le vivre ensemble. Des élus, chercheurs et acteurs locaux se sont réunis pour partager leurs points de vue sur la problématique.


En ouvrant la soirée le président de la PDP Nihat Sarier a met en valeur inspirations amenant à organiser le débat. Il a indiqué notamment que la Plateforme de Paris a fixé le vivre-ensemble comme un thème de réflexion pour cette année. De même, l’association a voulu contribuer à la SERIC puisqu’elle trouve l’initiative importante dans le développement du vivre-ensemble dans le pays. Selon Sarier, le choix de terme « connivence » n’est pas au hasard, celui-ci permet mieux de signifier une entente entre différents cultes dans une société multiconfessionnelle.


 


La députée (UMP) de l'Yonne (89) Marie Louise Fort a souligné que l’un des objectifs de la loi 1905 sur la laïcité est la distinction entre sphères politique et privée. La loi, a dit Mme Fort, garantit « la l’égalité de ceux qui croient et croient pas ». Elle a qualifié la manifestation de la Plateforme comme permettant à « mieux se comprendre ». La députée estime que le vivre-ensemble conduit au dialogue.  


En prenant la parole Myriam Bouregba, vice-présidente du Groupe d'Amitié Islamo-Chrétienne (GAIC) a présenté la SERIC. L’idée de la dernière c’était de prévenir le repli des communautés sur elles-mêmes. Bouregba a indiqué sur un manque de représentation médiatique des événements liés au dialogue interreligieux.


Quand à Valentine Zuber, maitre de conférences, historienne, sociologue, elle estime que la laïcité « n’est pas une doctrine mais une discussion ». La spécialiste de la laïcité en France pense que l’Etat, par les lois de 2004 sur le port de voile à l’école et celle de 2010 interdisant la burqa, perd sa neutralité puisqu’il intervient dans la sphère des libertés religieuses.


 


Pour Jean Michel Cros, chercheur et chargé de mission à la ville de Strasbourg, le dialogue entre l’Etat et les communautés est nécessaire pour assurer le vivre-ensemble. M. Cros, en donnant l’exemple de Concordat en région Alsace-Moselle, a démontré l’expérience positive de l’interaction entre les institutions et les cultes.


 


Selon les observations de Kamel Meziti, historien des religions, secrétaire général du Groupe de Recherches Islamo Chrétien (GRIC), il y a des laïcités en France. Le chercheur croit que la laïcité est un acquis mais constate une dérive sur la question en prenant exemples d’une médiatisation prétentieuse de la vie de la communauté musulmane.


 


« Je suis amplificateur du dialogue interreligieux », a déclaré Hamou Bouakkaz, adjoint au maire de Paris, chargé de la vie associative et de la démocratie locale. Selon l’auteur de « Aveugle, arabe et homme politique, ça vous étonne ? », le dialogue sert à déconstruire les ignorances et les préjugés. Bouakkaz a expliqué l’apport de la maire de la capitale dans la question de coopération entre différents cultes.


 


Enfin, Fréderic Rousse, attaché parlementaire et conseiller national de l'UMP a souligné sur l’importance d’empêcher que la religion prenne le pouvoir. Rousse a fait part de son inquiétude vis-à-vis des questions de la burqa et du menu hallal dans les écoles. C’est la loi qui a la primauté, dit-il, et « les principes religieux ne doivent pas être politiques ».


 


A la fin de la soirée les intervenants ont remercié les organisateurs et se sont dits contents de participer au débat.


 




 

Programme

 

20h00- 20h15 : Ouverture de la conférence

                        
       

Nihat Sarier,  Président de la Plateforme de Paris

Myriam Bouregba, Vice-présidence du GAIC, coordinatrice SERIC France

Marie Louise Fort, député de l'Yonne 

 

20h15 – 20h45 : Entre la neutralité de l’état et la liberté de conscience : principe de laïcité

Par Valentine Zuber, Maitre de Conférence, historienne et sociologue

                        

20h45 – 21h30 : Perspective et Témoignage

                        

Jean Michel Cros :chercheur et chargé de mission à la ville de Strasbourg

Kamel Meziti : Historien des religions, spécialiste de l'islam, secrétaire général du GRIC (Groupe de Recherche Islamo-Chrétien)

Hamou Bouakkaz, adjoint au maire de Paris, chargé de la vie associative et de la démocratie locale

Fréderic Rousse: Attaché Parlemenataire et conseiller national de l'UMP

 

Conclusion