Neuf ans après les attentats du 11 septembre, le projet de construction d'un centre de culture islamique à New York provoque un débat sur la place des musulmans dans la société américaine.
Face à la poussée d'islamophobie, les autorités cherchent à calmer les esprits à quelques semaines d'élections cruciales pour le président Obama.
A quoi doit on les manifestations d'hostilité à l'égard des musulmans? Comment la communauté musulmane réagit t-elle? Est ce que les américains sont ils islamophobes?
Le sujet sera traité par Tom Heneghan, rédacteur en chef de l'édition religion à l'agence presse Reuters Thomson.
Né à New York en 1951, Tom Heneghan a étudié les langues modernes à l'Université Fordham à New York et Georg-août-Universität de Göttingen .En Allemagne de l'Ouest il a obtenu une maîtrise en relations internationales . Depuis son arrivée à Reuters en tant que stagiaire en 1977, il a occupé des postes à titre de correspondant, de rédacteur en chef à Londres, Vienne, Genève, Islamabad, Bangkok, Hong Kong, Bonn et Paris.
Ses travaux déjà publiés comprennent les contributions aux Europe de l'Est avenir incertain (New York: Prager, 1977), l'UEM expliquée (London: Kogan Page, 1997), Frontlines: instantanés de l'Histoire (Paris: Pearson Education, 2001), Afghanistan: Lever le voile (Upper Saddle River, NJ: Prentice Hall, 2002) et Jean-Paul II: Reaching Out sans frontières (Upper Saddle River, NJ: Prentice Hall, 2003) ainsi que des articles en Amérique, Beliefnet, Commonweal, Europa-Archiv, National Catholic Reporter, Newsday, The Chronicle of Higher Education, le nouveau chef, la tablette et le monde aujourd'hui.
Tom Heneghan est actuellement rédacteur en chef de Reuters Religion principal correspondant pour la France et vit à Paris
La polémique entourant la construction d’une mosquée à New York et l’appel à brûler des exemplaires du Coran ont récemment trouvé un grand écho dans la presse, nourrissant l’idée d’une islamophobie grandissante au Etats-Unis. Une idée qui s’avère cependant erronée dans une Amérique qui a depuis longtemps fait une place à ses communautés musulmanes.
Réalité frappante, aux Etats-Unis la stigmatisation montante de l’islam découle surtout d’une récupération politique en vue des prochaines élections. C’est ce processus que le rédacteur en chef des informations religieuses à l'agence Reuters, Tom Heneghan, est venu expliquer dans les locaux de l’association Plateforme la semaine dernière. Les polémiques autour de l’islam sont alimentées en vue des élections du 2 novembre 2010, assure le conférencier. Lors de ces élections de mi-mandat, les Américains se présenteront aux urnes pour renouveler bon nombre d’importants élus. C’est à la suite des réactions qu’ont suscitées les attaques du 11 septembre que certains partis ont décidé d’exploiter « une veille tradition politique de rejet aux Etats-Unis qui vise ceux qui ne sont pas complètement américains », a affirmé le conférencier, ajoutant que certains partis ont trouvé là une brèche car « l’Amérique était blessée et attaquée ». Le mouvement Tea Party, par exemple, a saisi cette occasion. Ils ont utilisé volontairement les termes abusifs de « mosquée de la victoire » et « mosquée Ground zero » (épicentre d'un tremblement de terre, ndlr) pour qualifier le projet de construction du centre islamique de Manhattan, critique M. Heneghan. L’affaire du prêcheur d’une petite communauté en Floride qui déclarait vouloir brûler le Coran suit la même logique, signe d’un débat politique qui est devenu assez primaire, regrette M. Heneghan, mais assurant que c’est parce que beaucoup d’Américains n’ont pas encore pris politiquement position : « c’est ça le business. Tout ça est lié aux élections. »
Malgré cette stigmatisation, les musulmans américains sont bien intégrés. « Ils sont bien américanisés », précise le conférencier, ajoutant que « 60% ont au moins un bac+4 et beaucoup ont des doctorats ». Aux Etats-Unis, note M. Heneghan, « 20% des musulmans gagnent plus de 100.000 dollars par an ». Parmi les 4 à 5 millions de musulmans que comptent les Etats-Unis, « beaucoup sont médecins, scientifiques, ingénieurs et spécialistes en finance et en informatique ». Avant le 11 septembre, les musulmans étaient, pour les américains, des immigrés modèles. Si les attentats ont abîmé cette image, le rejet reste donc relatif et plus ou moins important selon les Etats et les villes. « Le premier musulman que rencontrait un américain, c’était son nouveau médecin ou un spécialiste informatique » a ajouté M. Heneghan. Ces diplômés ont avant tout bénéficié d’un procédé d’intégration qui se fait par le bas : « pour être Américain : il faut travailler, avoir un sens de la famille, payer les impôts et respecter la loi. S’ils font ça, c’est ok. » C’est la forte tradition deroisième président des Etats-Unis Thomas Jefferson possédait un Coran, nous a révélé M. Heneghan. C’est d’ailleurs sur cet exemplaire qu’un élu musulman posa la main pour prêter serment lorsqu’il intégra le Congrès il y a quelques années. D’ailleurs, comme à New York où aujourd’hui un fort dialogue interreligieux est installé, « dans les grandes villes, l’islam fait partie du quotidien » a terminé M. Heneghan.
(source de l'article Zaman France)
19h30 - 20h15: intervention de Tom Heneghan,
Le modérateur du débat: Selami Varlik, rédacteur en chef adjoint à Zaman France
20h15 - 20h45: Questions - réponses avec le public
20h45: Coktail
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