Les clichés des militaires de l'Otan sur l'islam

Le briefing organisé par le professeur Jacques Rifflet, destiné aux 300 soldats belges en partance pour l'Afghanistan, a été vécu comme une véritable humiliation. Le lieu était pourtant prestigieux, l’Ecole Royale de Belgique, tout comme la portée de la mission que le détachement militaire belge et luxembourgeois de l'ISAF (Force internationale d’assistance et de sécurité de l’OTAN opérant en Afghanistan) s'apprêtait à endosser.


Cela n’a malgré tout pas empêché le professeur honoraire de droit international de se livrer à des propos dignes de discussion de café. En cause, un discours d'une heure et demie basée sur une histoire de l'islam depuis sa genèse jusqu'à aujourd'hui et des digressions sur la vie familiale et sexuelle du Prophète : « Mahomet n’a eu que 5 filles, or une fille pour un musulman signifie généralement que l’homme a des spermes de mauvaise qualité. Je ne plaisante pas. Ce sont les hommes virils qui donnent des garçons et les hommes à moitié virils qui donnent des filles. ». Ce à quoi d’autres développements ont suivis : « C’est évidemment aussi parce que la fille il faut la marier, cela coûte une dot, une fille c’est une petite catastrophe parce qu’il faut la caser comme on dit en français, il faut la placer. Un garçon, c’est la force, c’est le guerrier, c’est très important un garçon. Et Mahomet est allé se plaindre auprès d’Allah parce qu’il n’avait que des filles ».

« Un langage imagé » pour une compréhension simplifié

Le député belge Geoges Dallemagne qui a qualifié ces propos de « clichés proches du café du commerce » ainsi que de « scabreux et déplacés » a interpellé le ministère de la Défense belge sur la question, rappelant que des séances d'information sont quotidiennement dispensées aux militaires par des spécialistes externes. Jacques Rifflet, connu pour être avocat, journaliste et professeur était en l’occurrence sollicités depuis 2004. Inge Vervotte, qui s'est exprimée au nom du ministère de la Défense, a rappelé tout en condamnant les propos du professeur Rifflet, qu'il s'était exprimé en français devant un public néerlandophones et qu'il a eu recours à un langage « imagé » pour mieux se faire comprendre. Elle précise néanmoins que « le ministre de la Défense ne s'associe pas à ce discours d'un spécialiste externe et donnera directive à l'état-major afin que de telles interprétations ne puissent plus avoir lieu à l'avenir ».