Dîner de l'amitié franco-turque

 


Le premier dîner de l’amitié franco-turque depuis l’accession au pouvoir du Parti socialiste, qui s’est tenu mardi soir à l’Assemblée nationale, a connu une participation record. La soirée, organisée pour la 4e fois par la Fédération des entrepreneurs et dirigeants de France (FEDIF), fondée par des personnes d’origine turque, et la Plateforme de Paris pour le dialogue interculturel, a réuni 37 députés et de nombreux sénateurs et dirigeants locaux. Les députés, qui qualifient la période Sarkozy de «mauvais souvenir» dans les relations entre la Turquie et la France, soulignent qu’il est nécessaire que la France ouvre, au plus vite, les négociations pour l’adhésion de la Turquie à l’UE, négociations qu’elle avait bloquées de manière unilatérale.diner amitie franco-turc

 

«La période Sarkozy : un mauvais souvenir»

Le député socialiste nouvellement élu président du groupe d’amitié franco-turque au sein de l’Assemblée, Christophe Bouillon, a déclaré qu’il jugeait positif le retour du terme adhésion dans les textes de l’UE après une absence de 5 années, et ce, grâce à une initiative de la France. Cependant, Bouillon attire l’attention sur le fait que les attentes de la Turquie vis-à-vis de Hollande sont importantes : «La Turquie est satisfaite de la nouvelle page qu’ouvre la France dans ses relations bilatérales. Cependant, les Turcs veulent que la France "prouve son soutien avec des actes concrets"». La France doit lever le blocus qu’elle a instauré sur le chapitre 4 des négociations entre la Turquie et l’UE. La vice-présidente de l’Assemblée nationale et députée socialiste Laurence Dumont a affirmé qu’il était nécessaire d’entreprendre des démarches concrètes pour que les deux pays recommencent à œuvrer ensemble. La vice-présidente du Sénat et sénatrice socialiste Bariza Khiari, qui souligne qu’à présent les Turcs de France et les politiciens favorables à la candidature de la Turquie travaillent ensemble, «invite les Turcs à tourner la page Sarkozy». «Cette période restera un mauvais souvenir dans l’histoire des relations franco-turques. Sarkozy avait une vision islamophobe. Pendant cette période, non seulement la Turquie mais nous aussi, musulmans de France, avons beaucoup souffert. A présent, nous ouvrons une nouvelle page», a-t-elle déclaré. L’ancienne ministre et la présidente de la fédération des maisons d'Europe, Catherine Lalumière a indiqué pour sa part que «La France a commis une erreur historique en tournant le dos à la Turquie [et qu’il] n’est pas possible d’imaginer une Europe sans la Turquie». L’ambassadeur de Turquie à Paris Tahsin Burcuoglu a souligné que «tous les pays membres de l’UE attendent de savoir quelles seront les nouvelles mesures qu’adoptera la France concernant la Turquie». «Tous attendent la visite de Hollande en Turquie comme s’ils attendaient Godot. Espérons que ces attentes seront satisfaites», a-t-il ajouté. Commentant le retour du termeadhésion dans les négociations entre la Turquie et l’UE, M. Burcuoglu a déclaré : «C’est considéré comme étant un geste important de la part des Français. Pour ma part, je ne pense pas que ce sera suffisant.»

laurence dumontLes associations turques de France ont marqué la soirée. Etude Plus, Horizon et Pro-Actif ont ainsi reçu un prix spécial pour les activités qu’elles ont menées dans le domaine de l’éducation cette année. Le secrétaire général de la FEDIF Nevzat Ceylan a notamment déclaré : «Nous aimons la France. Or, aimer ne veut pas dire se regarder en face, mais regarder ensemble dans la même direction. Les associations turques de France travaillent pour l’avenir de ce pays.» La vice-présidente du Sénat et sénatrice socialiste Bariza Khiari a, pour sa part, déclaré : « je connais très bien la philosophie de ces associations qui œuvrent dans le domaine de l’éducation. Je sais que les volontaires qui transmettent cette vision de l’éducation à la France jouent un rôle très important pour l’avenir de ce pays». Alors qu’elle remettait un prix à l’association Horizon, qui mène son activité sur Mulhouse, circonscription où elle a été élue, la députée UMP Arlette Grosskost a déclaré : «je connais les membres de cette association depuis de longues années. Ils font un travail formidable, non seulement pour les immigrés turcs, mais également pour tous les Mulhousiens». bariza khiari

 

Une participation record à la soirée

Des représentants aussi bien du PS et de l’UMP que de l’ensemble des partis politiques ont participé à ce repas qui a atteint des records de participation. Le président de la Plateforme de Paris pour le dialogue interculturel Nihat Sarier a tenu à le souligner : «en 2009, lorsque nous avons organisé notre première soirée, seuls 6 députés étaient présents. Nous sommes très contents de voir le nombre des Turcs de France et des politiciens amis de la Turquie augmenter». Même sentiment de satisfaction chez l’ambassadeur de Turquie à Paris Tahsin Burcuoglu : «cette soirée a été un remarquable succès. Qu’elle ait eu lieu à l’Assemblée était d’autant plus important. La participation d’autant de députés et de sénateurs revêt, elle aussi, une grande importance. Nous pouvons voir que le nombre de politiciens hommes de principes et amis sincères de la Turquie augmente»


source ZAMAN FRANCE