Le Dialogue d’Ani renforce les liens entre les Turcs et les Arméniens


Ani, autrefois capitale d'un empire,  ville florissante et carrefour important, est maintenant en ruines. En raison de son architecture extraordinaire et de son importance culturelle, elle est l'une des pièces les plus importantes du patrimoine culturel dans la zone frontalière entre la Turquie et l'Arménie. "La relation spéciale entre la Turquie et l'Arménie se révèle en la ville d'Ani. Elle est d'une part, un symbole de la rivalité entre les deux Etats,  mais elle est aussi un exemple d'une culture prospère et des échanges économiques dans la région ", notent les bureaux du Caucase du Sud et de la Turquie de la Fondation Heinrich Böll. La Fondation a mis en place un projet, le Dialogue d’Ani, en coopération avec l'Institut du Caucase.


Le Dialogue d’Ani, une nouvelle plateforme de société civile entre les organisations d’Arménie et de Turquie, vise à relier la société des deux pays, à soutenir le processus de dialogue et à façonner l'élaboration de politiques régionales. "Les relations turco-arméniennes, qui ont été très tendues, même avant l'indépendance de l'Arménie, ont été jusqu'à présent caractérisées par la politique de haut niveau et une approche descendante. Le Dr. Iris Kempe, la directrice de la Fondation Heinrich Böll pour le Caucase du Sud basée à Tbilissi, a déclaré que "des mots clés tels que 'diplomatie du football' venaient à l'esprit lorsque l’on pensait aux efforts des Etats pour se rapprocher".


Soutenir le dialogue ascendant


Elle a noté qu’en octobre 2009 la  Turquie et l'Arménie avaient signé des protocoles bilatéraux sur l'ouverture des frontières et l'établissement de relations diplomatiques, mais que la ratification des protocoles par les parlements des deux pays était au point mort. "L’'approche descendante n'est pas susceptible d’avoir du succès dans un avenir proche", a-t-elle ajouté.  Soulignant que les contacts au niveau de la société civile avaient commencé avant même le rapprochement officiel et qu’ils continuaient d’exister depuis sa suspension, elle a affirmé que malgré cela, le rôle de la société civile dans ce processus de rapprochement a été totalement ignoré par les tentatives diplomatiques. "Pourtant, l'expérience montre que les initiatives de la société civile dans différentes parties du monde, tels que le Dialogue de Pétersberg ou la Commission sur la mer Noire, ont visé à contribuer à la coopération régionale et à la paix. Dans cet esprit, le Dialogue d’Ani tient précisément à souligner ce facteur dans le processus de rapprochement et à soutenir le dialogue ascendant ", a-t-elle ajouté.


Les organisateurs invitent les candidats à participer à une réunion qui se déroulera du 13 au 17 octobre à Erevan, où cinq groupes de travail seront établis sur les thématiques suivantes : la culture et le patrimoine, l’éducation et la recherche, l’environnement, les droits de l'Homme et la démocratisation, les médias et le journalisme. Lors des sessions plénières, des thèmes tels que les problèmes régionaux, les questions de transformation démocratique, économique et politique ainsi que les visions pour un avenir pacifique commun seront discutés. La visite comportera également des excursions et des visites pour rencontrer les experts et les institutions en Arménie. Dans un communiqué de presse, les organisateurs ont indiqué que les inscrits devaient s’impliquer dans les organisations de la société civile, s’intéresser au dialogue entre l'Arménie et la Turquie et être motivés pour établir des liens avec des organisations de la société civile de l'autre côté de la frontière arméno-turque. La date limite d'inscription est le 25 août, pour de plus amples informations, la plateforme a un site web: http://www.ani-dialogue.eu/. Les organisateurs ont des objectifs ambitieux qu’ils comptent atteindre en activant la coopération des organisations de la société civile et en réduisant leur isolement dans la région du Caucase du Sud. Ils espèrent ainsi contribuer à l'élaboration de politiques en Arménie et en Turquie.


Ani: pont de paix entre l'Arménie et la Turquie


La ville d’Ani est constituée des ruines de la capitale de l'Arménie médiévale. Elle est proche de la rivière Arpaçay (Akhourian en arménien), un affluent de la rivière Aras. La rivière Arpaçay est la frontière entre l'Arménie et la Turquie. La ville d’Ani tire son nom de l'ancienne déesse ourartienne de la fertilité Anahid. Elle s'est effondrée dans un séisme en 1319 et est située à 48 kilomètres de la ville turque de Kars. La plupart des observateurs ont noté que les projets de la société civile qui allaient rapprocher les habitants des deux camps allaient aussi préparer le terrain pour reconstruire l'ancien pont de la Route de la Soie d’Ani. Ce pont enjambait la rivière Arpaçay en séparant la Turquie de l'Arménie.


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