Le vivre ensemble en France

De nos jours, le vivre ensemble devient un concept de plus en plus indispensable et précieux au sein de nos sociétés, dans un contexte de globalisation marqué par la montée croissante de l’individualisme. Le vivre ensemble se définit par la capacité des individus à cohabiter harmonieusement ensemble au sein d’un environnement sain dans lequel règne une diversité sociale et culturelle. Essentiel au bon fonctionnement et au bon maintien de la cohésion sociale, ce concept est étroitement lié au processus de socialisation qui se caractérise par l’intériorisation progressive depuis l’enfance des normes et valeurs de la société dans laquelle un individu évolue. Cette notion s’assimile donc au fur et à mesure, s’entretient dans le temps par le biais des interactions sociales et accompagne la construction de l’identité sociale des individus. Comment se porte alors le vivre ensemble en France ?

La laïcité, pilier de la solidarité “laïque” et du vivre ensemble

La France, nation laïque, garantit à ses citoyens la liberté de conscience, qui va de pair avec la liberté de culte ou de croyance. Le concept de laïcité désigne un ensemble de principes relatifs à la place du fait religieux dans la société. Sur le plan juridique, il s’agit d’un principe constitutionnel séparant le pouvoir politique des organisations religieuses. Depuis la séparation de l’Eglise et de l’Etat votée en 1905, la laïcité prône l’effacement de la religion au sein de l’espace public et renforce le contrôle des cultes afin de permettre aux croyants de pratiquer librement leur religion.

Cette notion repose sur quatre piliers dont tout d’abord la liberté, permettant aux individus de croire ou non en une religion et d’exercer celle-ci au sein de la sphère privée et également dans l’espace public, tant cela se fait dans le respect d’autrui. Ensuite, la séparation de l’Eglise et de l’Etat relative à l’exclusion des cultes dans la gestion de l’Etat affirme que la loi n’émane que du peuple. Par ailleurs, la neutralité de l’Etat stipule que les agents du service public tels que les enseignants ou encore les policiers ne doivent afficher aucun signe témoignant d’une quelconque appartenance religieuse. Enfin, le pilier de l’égalité affirme que tous les citoyens sont égaux devant la loi et les services publics quelles que soient leurs convictions.

La laïcité permet donc à notre société de vivre collectivement de façon harmonieuse sans que la convergence des convictions ne viennent entraver cette cohésion. Ainsi, chaque citoyen est libre d’exister à travers ses croyances dans le respect des croyances religieuses d’autrui. Par conséquent, la laïcité est inhérente au principe de tolérance, prônant la fraternité et le vivre ensemble.

Des initiatives citoyennes solidaires

 

En France, un grand nombre d’initiatives entreprises par les citoyens agissent en faveur du vivre ensemble et véhiculent cet esprit de fraternité et de solidarité. On peut par exemple évoquer les fêtes de quartiers, les concerts, les spectacles ou même les manifestations, et bien plus encore. Ces événements réunissent des individus de tout horizon, culture, origine, religion, âges et rassemblent ainsi en un même lieu une large palette de diversité humaine autour d’activités qui leur sont communes. Cela permet ainsi aux individus de s’ouvrir aux autres et de mieux connaître les particularités de chacun afin de lutter contre les clichés et stéréotypes existants à propos de certaines communautés. C’est par le biais de ce type d’interactions que le lien social peut se créer et se développer.

Par ailleurs, le milieu associatif prône massivement le vivre ensemble. Plusieurs associations ont pour vocation l’entraide, et le renforcement de la   cohésion   sociale qui va de pair avec la lutte contre l’exclusion sociale et l’isolement. Parmi celles-ci, on peut notamment citer La Croix Rouge et les Restos du Cœur très soutenues par les français. Le Secours Populaire Français, Les Petits Frères des Pauvres et France Bénévolat sont quant à elles peu connues du grand public mais prônent de la même façon la solidarité et l’entraide.

Toutefois, l’épidémie de la Covid-19 a eu un impact conséquent sur le vivre ensemble et la cohésion sociale. Isolant de force les citoyens les uns des autres via les confinements instaurés, cette pandémie a également fait naître de nombreuses initiatives citoyennes solidaires telles que les applaudissements à 20h en soutien au personnel soignant, le prêt d’appartements à ces derniers ou encore l’essor de bénévolat concernant les professions dans le besoin, tels que les agriculteurs nécessitant du personnel pour leurs récoltes.

Parallèlement, un nouveau mode de vie s’est développé par nécessité d’adaptation à cette crise sanitaire inédite. Celui-ci se déploie donc « à distance » et témoigne de l’inventivité humaine. Les différents organismes et associations prônant le vivre ensemble se sont dès lors saisis des différents outils numériques à leur portée tels que les réseaux sociaux en proposant par exemple des lives sur Instagram ou Youtube. À échelle plus individuelle, les réunions Zoom et les soirées House Party ont remplacé les sorties dans les bars ou restaurants. Ainsi, la crise sanitaire a permis de mettre en lumière les élans de solidarités dont ont fait preuve bon nombre de français et donc de constater que l’altruisme, la solidarité et la fraternité sont autant de valeurs que partagent les citoyens français.

Une cohésion sociale encore fragile

Cependant, subsiste malgré tout une certaine méfiance à l’égard de certaines communautés, pouvant parfois mener à des comportements discriminatoires. C’est par exemple le cas de la communauté musulmane, souvent stigmatisée et réduite au terrorisme suite aux attentats qui

ont frappé la France. La communauté asiatique est également victime de discrimination, comme en témoigne récemment le hashtag #StopAsianHate, initié aux États-Unis qui a ensuite été repris en France. En effet, l’épidémie de la covid 19 apparue d’abord en Chine a fait ressurgir, notamment en France, un racisme anti-asiatique. Des appels à agresser les Chinois avaient même été lancés sur Twitter.

Ainsi, en juin 2020, la Commission nationale consultative des droits de l’homme a publié un rapport faisant état du racisme, de l’antisémitisme et de la xénophobie en France. On y découvre que la France est une nation “globalement tolérante”, mais dont le racisme au quotidien, notamment anti-Noirs,   reste très préoccupant et renforcé par une hausse de la haine sur internet. En témoigne récemment l’agression raciste filmée à Cergy le 30 mai 2021, suscitant un fort émoi sur les réseaux sociaux.

Article de Cassandra Chirlias