Le vivre ensemble, un concept nécessaire pour faire société

En pleine pandémie de COVID19, les mesures gouvernementales instaurées ponctuellement tels que les confinements, les couvre-feu ainsi que la fermeture des bars et restaurants ont considérablement réduit les échanges entre les citoyens. ​Outre l’isolement provoqué par ces mesures, s’est également installée une certaine méfiance entre les individus du fait de la distanciation physique imposée et du port du masque obligatoire, rappelant à chacun que le fait de côtoyer autrui revient à s’exposer au risque de contamination. Ainsi, la peur du virus a dans une certaine mesure éloigné les citoyens les uns des autres.

Une cohésion sociale fragilisée

Cette crise a donc mis à mal le concept de vivre ensemble, supposant en premier lieu des échanges entre individus. On constate en effet que de nombreux cas de détresse psychique et de dépression ont été signalés depuis le début du premier confinement, preuve que nous sommes bien par nature des êtres sociaux ayant besoin les uns des autres. Toutefois, le concept de vivre ensemble visant à rapprocher les individus dans le but de promouvoir un monde meilleur ne se résume pas au simple fait de côtoyer autrui. Le vivre ensemble peut être défini comme la reconnaissance de l’altérité et de la différence au sein d’une population hétérogène, comprenant des individus issus d’environnements sociaux-culturels divers, et aux convictions, croyances et orientations différentes. Il s’agit alors de promouvoir la cohésion sociale au sein d’une société inclusive qui voit en la différence de l’autre une caractéristique enrichissante et non un élément incitant à la division.

Le vivre ensemble : promesse de liberté​ ​et de pérennité

Dès lors que l’on reconnaît et accepte la différence d’autrui, il devient possible pour chacun de jouir d’une plus grande liberté et d’accéder à un meilleur épanouissement personnel, particulièrement pour les minorités qui n’ont plus à craindre d’être discriminées. Le vivre ensemble permet donc de vivre en paix et en sécurité. En témoigne le mouvement ​« ​Black Lives Matter » aux Etats-Unis, en réaction à une société trop souvent intolérante et dans laquelle l’absence de concorde sociale fait rage et favorise alors l’émergence de conflits entre individus.

Le vivre ensemble représente ainsi un enjeu majeur dans nos sociétés et peut constituer une réponse significative à bon nombre de problèmes sociétaux. C’est pourquoi depuis 2004, la Mission du Vivre Ensemble, en lien avec le Ministère de la culture, a été créée en France afin de lutter contre les discriminations et démocratiser la culture auprès d’une population fragilisée, dont l’accès à la culture est limité​. La mise en place de cette mission témoigne de l’importance de cet enjeu au niveau national et de l’intérêt qu’y porte l’État car de toute évidence, le vivre ensemble constitue un gage de stabilité. En effet, une société dans laquelle ce concept serait de mise, pourrait probablement résoudre bon nombre de conflits sociaux et permettrait de vivre dans une société plus égalitaire, juste et respectueuse des particularismes inhérents à la population.

Ainsi, la Plateforme de Paris s’efforce de promouvoir le vivre ensemble, notamment par le dialogue inter-convictionnel, ​tout en s’adaptant aux nouvelles contraintes liées à la situation sanitaire, c’est-à-dire principalement au moyen de conférences et de séminaires organisés en distanciel via zoom et YouTube, ainsi que par l’intermédiaire des réseaux sociaux. Par ailleurs, différents projets sont organisés tels que les dîners du Vivre Ensemble (débats autour d’un goûter) et le Citoyen’thé (rencontres entre plusieurs personnes de confessions et convictions différentes autour d’un repas).

Écrit par Anaïs Picard-Morin